arts · Communication écrite

Live report : Oedipe Tyran @ Festival Passages 2013

Le festival Passages propose une représentation très atypique d’Œdipe Tyran, par la troupe de jeunes comédiens du théâtre Saratov et Matthias Langhoff.

On connaît tous le mythe d’Œdipe, mais un peu moins la pièce originelle, Œdipe Roi, traduite en certaines occasions en Œdipe Tyran. Le théâtre de la jeunesse de Saratov et le metteur en scène Matthias Langhoff nous proposent via le festival Passages une relecture de cette fable tragique, qui implique bien plus qu’une histoire d’inceste et d’yeux crevés. Œdipe de Thèbes fait face à son peuple décimé par un terrible fléau et doit résoudre le mystère du meurtre de l’ancien roi. Parallèlement, la guerre est déclarée sur le front russe… Attendez, le front russe ?

Encore enfant, Matthias Langhoff a fui le nazisme et la guerre avec sa famille. On retrouve ces thèmes dans la mise en scène de la pièce. Des enfants sur scène, des enfants de parents inconnus, des hommes innocents qui tombent sous le coup de la peste, ou est-ce la guerre ? Le parallèle avec un conflit soviétique se passant des millénaires plus tard s’installe confusément dans la pièce, ajoutant à la lourdeur de l’histoire et perdant parfois le spectateur. Le prologue pose les choses : une scène jouée, de la musique, une voix off et des images se superposent, laissant le public désorienté et déjà plongé dans l’angoisse de l’histoire. L’ambiance est pesante, la mort omniprésente. On suit un homme qui, malgré toute sa volonté, a semé il y a déjà bien longtemps les germes de son propre destin qui s’avèrera tragique. En fond, encore des enfants, spectateurs du désastre. Le peuple est malade, mourant, Œdipe jongle douloureusement entre les malheurs de ses sujets et les siens, qui s’immiscent sournoisement dans le chaos ambiant.

La mise en scène aborde autant la guerre que le désarroi devant la déchéance qu’elle engendre. Bien que le jeu des comédiens soit impeccable, la multiplicité des thèmes, des concepts et des anachronismes volontaires engendre une pièce qui reste obscure, dans tous les sens du terme. Difficile pour le spectateur lambda d’être sûr d’avoir compris toutes les subtilités de cette histoire voguant entre Grèce antique et Russie soviétique. L’ambiance générale reste néanmoins lisible et on restera focalisé sur les thèmes, universels : la fatalité, l’impuissance et l’incompréhension devant les malheurs de la guerre.

Article : Marine Pellarin

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