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Cypress Hill : « Le prochain album sera sombre et psychédélique »

Initialement publié le 22 juillet 2015 sur Vacarm.net

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Photo : Ugo Schimizzi

Groupe déifié au sein du paysage hip-hop, Cypress Hill est aujourd’hui une montagne sacrée plutôt qu’une colline. Alors dans le cadre bucolique du festival Décibulles, les deux MC’s fondateurs B-Real et Sen Dog se sont confiés à nous dans… une chapelle. Belle occasion de parler des façons de se renouveler et de satisfaire son public après 25 ans de carrière passés parfois dans un nuage de ganja.

Alors, contents d’être de retour en France ?
B-Real :
On vient en France depuis des années, on était là il y a encore quelques semaines. Ou une semaine ? Non c’était il y a moins longtemps. [deux jours plus tôt à Lives au Pont, NdlT] Ça fait des années qu’on fait des concerts partout en France, on a toujours été très bien accueillis, le public est complètement taré et enthousiaste avec le hip-hop ! En France, c’est toujours une expérience géniale, peu importe où on joue.

Votre dernier album est sorti en 2010, est-ce que vous bossez sur un album studio ou peut-être un album live ?
Sen Dog :
En fait, on travaille sur un nouvel album pour l’an prochain, ce sera le 25e anniversaire de Cypress Hill. DJ Muggs est sur la production, on essaie de boucler ça pour 2016. Ce soir, on va probablement jouer un mix des chansons que tout le monde connaît et quelques chansons de notre dernier album, Rise Up.

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Vous prévoyez une tournée ?
Sen Dog :
Oh oui ! A chaque fois qu’on sort un nouvel album, il y a toujours une tournée, on aime bien commencer ici en Europe et faire la boucle Etats-Unis / Amérique du Sud / Australie. Ca dépendra quand on le sort mais tu peux être sûr qu’il y aura une tournée. 

Vous jouez autant dans des festivals à taille modeste que sur de très grandes scènes ; est-ce que vous préférez l’un ou l’autre ?
B-Real :
L’endroit où on joue n’a pas vraiment d’importance. C’est chouette de jouer devant un public de dizaines de milliers de personnes, mais les plus petits festivals, c’est aussi de bonnes expériences. Ça apporte d’autres choses, dont on peut tirer des leçons, au niveau de la performance. Ça ne nous dérange pas de jouer dans des petites salles, de faire des spectacles plus intimes. Tous les shows apportent quelque chose du point de vue de l’expérience, quel que soit le contexte.

Est-ce qu’internet change les choses pour vous, notamment dans les échanges que vous pouvez avoir avec vos fans ?
Sen Dog :
Oui, clairement ! Internet change la donne, les fans peuvent te contacter directement, te poser des questions… Si tu as le temps de répondre, tu échanges un peu. C’est un peu comme l’époque des fan-clubs, quand les fans nous écrivaient des lettres et qu’on leur répondait. Sauf que maintenant avec Twitter, Facebook, Instagram, ce genre de trucs, ça se passe en quelques secondes. Il y a un type qui m’a envoyé un message pour un concert, c’était quand, hier ?

B-Real : Ouais, hier.

Sen Dog : Je l’avais jamais rencontré ni rien, mais il a eu les couilles de me demander deux places pour le concert. J’ai trouvé qu’il avait de l’audace alors je lui ai dit oui. Je l’ai mis sur la liste des invités, il est venu avec sa copine et il a passé une bonne soirée. [rires] Et après ça, il m’a envoyé plein de photos d’eux au concert, pour me montrer à quel point ils s’étaient éclatés. Donc ça rend les choses beaucoup plus rapides pour les fans, pour communiquer avec nous.

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Et là on se dit « merde, pourquoi j’ai jamais pensé à faire ça… » ! [rires]
Sen Dog :
C’est clair ! Ce mec est futé. Je ne sais pas pourquoi les gens ne font pas davantage ça. Il avait sûrement pas de tickets ou pas l’argent pour les acheter et il s’est dit « Hé, je vais demander à Sen Dog, on va voir ce qu’il dit ». Et Sen Dog a dit « Ok, c’est cool. ». [rires]

Est-ce que vous sentez l’influence de Cypress Hill sur les nouveaux groupes de hip-hop ?
B-Real :
On entend déjà pas mal de nouveaux artistes qui reprennent des vieilles chansons. Dans ce qui sort aujourd’hui, on sent l’inspiration qui vient de ce qu’ils ont écouté par le passé, ce avec quoi ils ont grandi. Que ce soit nous, De La Soul, A Tribe Called Quest ou Public Enemy… Et c’est cool, parce que nous aussi on a été de jeunes artistes influencés par les gars avant nous, c’est comme ça que la musique fonctionne. Le but, c’est qu’ils y trouvent leur propre son, qu’ils se construisent autour de ça et qu’ils trouvent leur identité. Si on entend que quelqu’un a repris un de nos vieux titres et qu’il en a fait une nouvelle bonne chanson, ça nous fera plaisir.

Concernant votre nouvel album, est-ce que c’est un projet complètement neuf ou bien quelque chose que vous attendiez de faire depuis longtemps ?
Sen Dog :
Je pense que c’est un projet qui s’ancre plutôt dans le présent. Ça va être assez différent, c’est plus sombre que notre album précédent. Côté son ce sera plus… psychédélique, je pense. Mais pour ce qui est de l’écriture, on se laisse vraiment porter, donc ça peut aussi bien être un texte sur ce qui se passe actuellement dans le monde que quelque chose de très abstrait et différent donc… Le ton général restera à déterminer quand on aura terminé de sélectionner les chansons. Mais concernant ce qui est enregistré pour le moment, oui, je crois que ce qui colle le mieux c’est : sombre et psychédélique. On en a enregistré beaucoup mais il y aura environ 13 chansons sur l’album finalisé.

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Depuis le temps, qu’est-ce qui a changé pour vous, musicalement et personnellement ?
Sen Dog :
Ce qui a changé avec les années, c’est surtout notre volonté de faire des choses différentes avec Cypress Hill. On est passés du hip-hop hardcore à d’autres influences, hard rock, heavy metal… blues, même. Je crois que c’est ce qui a maintenu Cypress Hill en vie toutes ces années. On ne s’est jamais cantonnés à un style. On s’est laissés aller à essayer ce qu’on avait envie d’essayer et ça c’est cool. C’est vraiment ce qui fait que le groupe est toujours là : on peut passer du jour à la nuit sans se prendre la tête, on prend le temps d’expérimenter.

B-Real : Pour moi, ce qui a le plus changé, c’est la façon dont on sort la musique. Avec les nouveaux médias, tout est totalement différent. Maintenant, quand tu sors un album, une chanson, tu vas devoir trouver de nouveaux moyens de rendre ça intéressant, d’en faire un événement… Parce que la façon traditionnelle de produire de la musique, c’est… c’est pété, ça ne marche plus. C’est pour ça qu’aujourd’hui on ne se bride pas et on cherche l’inspiration partout. Une image, un tableau… si quelqu’un se cassait la gueule là dehors, on trouverait un moyen d’en faire quelque chose.

Mais du côté de la production, niveau coût par exemple, c’est plus facile. A l’époque, on devait faire des démos, ça coûtait une fortune, on devait les stocker… Maintenant ça coûte vraiment moins cher, comme tout est numérique. C’est plutôt cool parce que toute notre musique est beaucoup plus accessible pour les fans. Et ça permet à n’importe qui de balancer sa propre musique sur internet par exemple, c’est pour ça qu’on croule sous les nouveaux artistes. Bon, il y a des bonnes choses et de la grosse merde… Mais ce que j’ai vu changer le plus, ouais, c’est l’industrie de la musique.

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Notre question rituelle. Préférez-vous les Beatles ou les Rolling Stones ? Pourquoi ?
Sen Dog :
Je préfère les Rolling Stones. Ils prenaient de la drogue et se tapaient plein de nanas. Les Beatles ont une image plus lisse… Et j’ai toujours apprécié Mick Jagger comme leader, il a du swag, une vraie attitude. Et même à son âge il continue à se taper plein de filles ! [rires]

B-Real : Pour moi, c’est deux choses différentes. Pour ce qui est des lives et du jeu de scène forcément je vais dire les Stones ! Mais en termes d’influence, des chansons… De ce que ça a apporté au public en général : les Beatles, sans hésiter. Même si j’aime beaucoup les Rolling Stones, j’ai davantage écouté les Beatles en grandissant. Ils ont été une si grande influence pour tout le monde, ils ont tout changé. Avec les Stones, ils ont quand même co-existé, tu sais, même s’ils ont pris des directions complètement différentes. Je pense qu’ils se sont complétés et influencés jusqu’à se rendre meilleurs. Enfin, finalement pour moi, ma plus grande influence ce serait les Beatles.

Propos recueillis par Marine Pellarin et Ugo Schimizzi
Retranscription : Marine Pellarin

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