Communication écrite · interviews · musique

Puppetmastaz : « On est là pour donner aux gens l’impression d’être de nouveau des gosses. »

Initialement publié dans Karma#3

Le combo Puppetmastaz est venu d’Outre-Rhin en février dernier régaler de son électro unique le 112 de Terville. à cette occasion, le groupe allemand nous a accordé une interview débridée et engagée, l’occasion de revenir sur la sortie de leur dernier album et le processus de création entourant la formation. Rencontre avec la marionnette Ryno, bien à l’aise dans la langue de Molière.

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Côté musique comme côté visuel, on sent beaucoup d’influences très variées chez Puppetmastaz. Qu’est ce qui vous inspire ?

Pour nous les marionnettes, tout est source d’inspiration. La musique des autres, nos premières parties, les humains qui travaillent avec nous sur les albums – Aphex Twin, Bilzar – ou même des shows comme Sesame Street. C’est quelque chose de voir d’autres marionnettes vivre, perdurer, grandir ensemble. Ça, additionné aux choses que créent les humains, c’est deux fois plus d’inspiration pour nous. C’est une grande famille.

 

On a tout entendu sur le nombre de membres de Puppetmastaz. Combien êtes-vous en ce moment ?

Pour le moment on est je crois… trente marionnettes. Sur scène on est plutôt quinze. Mais ça change beaucoup. On a un noyau dur, il y en a qui restent en Allemagne sur le terrain. On y fait beaucoup de choses différentes, même des shows pour enfants. Mais tu sais, moi,  Ryno, je suis toujours aux concerts de Puppetmastaz, que ce soit en France ou ailleurs. Mr Maloke, Snuggles, Panic the Pig et moi, on forme le main crew, on restera ensemble.

 

Est-ce que tu penses que votre identité visuelle vous permet d’avoir plus de liberté qu’un groupe de hip-hop « classique » ?

Bien sûr. On est le seul groupe formé de marionnettes. On a plus de liberté, il n’y a pas de question d’égo entre nous et le public. On veut en sortir quelque chose de différent, casser cet effet de jugement. Quand les Puppetmastaz sont sur scène, c’est un autre monde qui s’ouvre. Avec la connexion qu’on permet, si on a une émotion, on la partage directement et les gens s’y identifient. Tu peux tout lâcher, tout sortir et le public adore ça, ils peuvent  profiter de la musique sans visuels pour la parasiter. Tu sais, une grosse partie du hip-hop a été détruite par ceux qui ont voulu dicter ce qu’il fallait porter comme vêtements, ce dont on pouvait parler. Nous, on essaie de ramener la musique à ce qu’elle est : de la musique. On est là pour donner aux gens l’impression d’être de nouveau des gosses.
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Votre nouvel album Revolve and Step Up ! est assez différent des précédents. Vous aviez envie de renouveau ?

Oui, le concept réside dans le partage. On a fait une sorte de voyage, en fait. Une fois sortis des sentiers battus, on a trouvé quelque chose de nouveau, avec de nouvelles personnes.  C’est un peu abstrait, mais on a repensé tout cela. On est allés voir ce qu’il se passait en dehors du groupe, il en est sorti un nouveau son Puppetmastaz. Cet album est spécial, il est plus minimaliste, mais l’essence est toujours là.

Le public français est votre deuxième plus gros public après l’Allemagne, et vous faites beaucoup de concerts chez nous. Tu as même demandé à faire l’interview en français… Est-ce que tu te sens une affinité particulière avec le pays ?

On a fait des centaines de concerts en France, on aime toujours y revenir. J’aime toute la France, surtout le Sud, parce qu’il fait chaud (rires). J’apprécie le fait que tout soit différent selon les endroits, le vin de Bordeaux, Aix-en-Provence, la Bretagne, la Normandie avec ses petites maisons sur la plage… Il y a plein de petites choses particulières en France, j’adore ce genre de détails.

Que penses-tu des révolutions récentes dans les pays arabes ? Est-ce que la musique se doit de véhiculer des messages pour déclencher et soutenir ces mouvements ?

Je crois que les gens doivent souhaiter la bienvenue à ce genre de changement. Parce que les humains font comme s’ils ne voulaient pas savoir. Tout le monde rentre gentiment chez soi, va au travail, rentre dans de petites cases. Ils ont besoin de rêver. Ils ne veulent pas descendre dans la rue pour manifester, ils veulent des amis, ne pas être seul. Au final, personne ne veut vraiment savoir. Puppetmastaz ne souhaite pas s’immiscer dans les questions politiques. On n’est pas là pour juger. On sait juste que les humains sont prêts pour une vraie révolution. Ceux qui protestent, les révolutionnaires, ce sont les vraies stars.

Ce sont eux qui méritent du public et des fans. Les humains doivent se battre pour ce qu’ils désirent, avoir le courage de faire bouger les choses. Ce sera peut-être toi, le déclencheur. Ca ne dépend que de toi.
> Puppetmastaz, Revolve and Step Up !, 2012 / Discograph
Article : Marine Pellarin, photos : Ugo Schimizzi

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