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Triggerfinger : « On a encore plus de punch que des psychopathes »

[Initialement publié dans Karma#2]

Triggerfinger, sensation belge actuelle, faisait un arrêt aux Trinitaires de Metz le 11 octobre dernier. L’occasion était trop belle de rencontrer les rockers pour leur soumettre une petite interview. Preuve s’il en fallait que le power trio est aussi à l’aise sur scène que dans un canapé.

karma2_triggerfinger

 

Mario (feuillette le magazine, prend une grosse voix) : Karmaaaa ! (Après quelques minutes sur le mag en luimême, la discussion s’engage)

Depuis la sortie de votre album All This Dancing Around en 2010, vous tournez énormément en Europe. Ca va faire deux ans ! On voit bien que vous avez du punch, mais quand même… Pas trop crevés ?
Paul :
On a l’air ? (rires)
Mario : On en parlait justement tout à l’heure, partir en tournée, c’est vraiment un gros truc. Quand on démarre, tout va bien, mais au bout d’un moment… On a tellement de choses à faire tous les jours, on est dans notre petit monde… Avec le staff on est six, donc toujours les six mêmes personnes, les mêmes sujets de conversation, les mêmes vannes… Des fois on pète un câble on commence à se provoquer. Tu comprends ? (rires – to trigger : provoquer, jeu de mots avec le nom du groupe, ndlt)

Un peu comme une famille psychotique ?
Mario :
Oui !
Paul : Non attends, elle vient de dire qu’on est trois dangereux psychopathes (rires).
Mario : C’est possible, ça !
Paul : Plus ou moins.
Mario : On a encore plus de punch que des psychopathes !

Je vous ai vus au Rock A Field cet été, on sent que vous prenez beaucoup de plaisir sur scène. Les festivals, c’est un moment privilégié pour vous ?
Mario :
Ah, le Rock A Field, c’est quand on a joué deux fois ?
Paul : Ouais, on avait fait deux sets.
Ruben : Les festivals, les concerts en salle, les deux sont très intéressants. En concert, on prend notre temps, en festival, les sets sont plus courts, on se débrouille pour que ce soit plus… Compact. Je ne sais pas si on met plus d’énergie en festival… On y met toute l’énergie que ça mérite. Il y a des chansons qui nécessitent un autre genre d’énergie, des chansons plus subtiles, qui ont besoin d’être interprétées avec de la profondeur. Je vois davantage cette différence- là que celle entre concert en salle et festival.

Vous avez fait pas mal de reprises, notamment Au Suivant de Brel, qui est à la base très éloigné de votre style musical. Et votre reprise de Lykke Li est très surprenante. Comment vous est venue l’idée de reprendre I Follow Rivers ?
Paul :
En fait, c’était l’idée de Mario (rires). Ce qu’il s’est passé avec I Follow Rivers, c’est qu’on a été invité à une émission de radio néerlandaise, où on devait jouer l’une de nos chansons en acoustique et une chanson du top 50. C’est le principe de l’émission, on doit jouer les deux. Et Ruben nous a dit « qu’est ce qu’on va faire ? C’est blindé de trucs pop, on n’aime pas tellement ça. », et cette chanson de Lykke Li était dans la liste. Du coup, la veille au soir de l’émission, Ruben a cherché les paroles sur le net, on a bidouillé quelques accords… Le lendemain matin à 7h, on s’est pointés au studio de la radio : Mario avait une application boîte à rythme sur son iPhone, il l’a programmée pour que ça colle, on a répété vite fait les paroles, les accords… Mario a posé son iPhone, donc on avait une boîte à rythme, mais il était tout désoeuvré, à nous dire « et moi, qu’est-ce que je fais maintenant ? ».

Et il y avait des tasses ?
Paul :
Voilà, il y avait ces tasses, du coup Mario a improvisé en jouant dessus avec une cuillère. On a joué en live à la radio, ils l’ont enregistrée, on l’a écoutée et on a beaucoup aimé. Le soir on devait jouer à Groningen, aux Pays-Bas, le temps qu’on arrive là-bas, tout le monde connaissait la chanson par YouTube et Facebook, c’est aussi passé à la télévision belge… Du coup après une semaine ça nous avait complètement dépassés, ça a explosé en Allemagne, en Suisse, en Pologne… La chanson s’est retrouvée numéro un en Belgique. Ce n’était pas du tout prévu, on ne comptait pas la sortir, c’est le public qui en a fait un single, en fait. En Allemagne, après ça, on a carrément eu une tournée, on a dû s’adapter à la demande, passer de salles de 300 à 2 000 places !

En parlant de tournée, votre dernière date annoncée est pour décembre. Après ça, vous allez préparer un nouvel album ?
Ruben :
Oui…
Paul : Normalement !
Mario : Normalement on devrait préparer un nouvel album, mais on vient d’apprendre qu’on retourne sur les routes en février, pour des concerts en Allemagne et en Pologne. Enfin, on espère le travailler en janvier et en février quand on ne jouera pas…
Paul : Et en mars aussi, sinon ça fera court !
Mario : Oui en mars aussi, on espère bien préparer le nouvel album et l’enregistrer en mars. Si possible.

Pour finir, notre question rituelle : Plutôt Beatles ou Rolling Stones ?
Mario :
Les deux !
Paul : Les Stones.
Mario : Oh arrête !
Paul : Ouais, les deux, quand même.
Ruben : Les deux. On les veut tous, baby !

Triggerfinger,All This Dancing Around, 2010, Excelsior Recordings

trigger

Le live report du concert
Article : Marine Pellarin

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