arts · Communication écrite

Léonard de Vinci, premier “slasher” de l’histoire et troll notoire

Initialement publié le 15 avril sur le blog de Culture Time

Tous les vendredis, c’est Birthday Time sur Culture Time ! Célébrons la naissance d’un personnage important dans les domaines de la philanthropie, des arts, de la culture… avec une anecdote pas piquée des hannetons.

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15 avril 2016 – Joyeux anniversaire Léonard de Vinci !

Né le 15 avril 1452, Léonard de Vinci est reconnu comme étant l’un des plus grands génies de l’histoire européenne. Néanmoins à son époque, il soulevait bien moins la confiance du peuple ! Comme la plupart des grands penseurs, Léonard a très tôt quitté les chemins tracés : il n’apprend pas correctement le latin ni le grec, et sa maîtrise en est si imparfaite qu’il ne peut prétendre à des études universitaires. Mais sa passion dans tout ce qu’il réalise est telle qu’il apprend vite… et seul. Bien qu’ayant été l’apprenti de Verrochio en dessin, il décide de lui-même de tester sa dextérité sur d’autres supports. Peinture, sculpture, chimie, mécanique… Sa créativité insatiable s’étale et s’exprime rapidement dans tous les domaines, et ses lacunes en études traditionnelles retiennent rarement sa main ou son esprit : aujourd’hui, ce profil polyvalent est de ceux qu’on appelle… Les slashers !

Car comme ceux qui portent de nombreuses casquettes dans leur vie professionnelle de nos jours, Léonard a aussi bien été peintre que sculpteur, hydraulicien, ingénieur, architecte, et a su combiner toutes ces compétences pour créer de nouvelles solutions. Son esprit visionnaire a séduit de nombreux mécènes : parmi eux, le plus notoire est sans aucun doute François 1er. Malgré la propension de Léonard à partir en folles théorisations et projets apparemment irréalistes, le roi est fasciné par l’érudit qu’il découvre à l’automne de sa vie, et qu’il considère comme un mentor. Débarqué en Italie, François l’invite à le rejoindre en Royaume de France et lui offre toute sa confiance. De Vinci devient “Premier ingénieur, peintre et architecte du Roi”, et se trouve logé au château du Clos-Lucé, où a grandi François 1er, avec ces seules directives : « Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler. ».

C’est le rêve de tout innovateur créateur qui se réalise pour Léonard. Libéré des habituels carcans commanditaires et des étiquettes de métier, ce n’est que sur ces trois dernières années de sa vie qu’il est libre d’imaginer sans obligation de résultat. Le mécénat, c’est aussi offrir aux esprits les plus créatifs la liberté de s’exprimer sans contraintes.

« C’est au moment où ils travaillent le moins que les esprits élevés en font le plus ; ils sont alors mentalement à la recherche de l’inédit et trouvent la forme parfaite des idées qu’ils expriment ensuite en traçant de leurs mains ce qu’ils ont conçu en esprit. » – Léonard de Vinci

 

Le saviez-vous ?

Lorsqu’il travaillait encore sous ordres en Italie, De Vinci a été parfois excédé par ses commanditaires… Au point de leur jouer de mauvais tours. Lorsqu’il travaillait sur la conception de la Cène, la fresque murale (dont la technique inhabituelle a eu raison de la conservation !) qui représente l’ultime souper du Christ, Léonard a laissé de côté le travail de peinture pendant de longs mois au profit de la recherche. Le problème ? Le travail de morphologie des visages, qui lui prenait un temps considérable sans qu’il ne soit jamais satisfait du résultat.

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Giraldi, un auteur contemporain à Léonard de Vinci, raconte qu’en 1497 le peintre avait terminé les onze apôtres et le corps de Judas. « Le prieur du couvent, dit Giraldi, impatienté de voir son réfectoire encombré de l’attirail du peintre, alla se plaindre au duc Ludovic, qui payait très noblement Léonard pour cet ouvrage. Le duc fit appeler celui-ci et lui dit qu’il s’étonnait de tant de retard. De Vinci répondit qu’il avait lieu de s’étonner à son tour des paroles de Son Excellence, puisque la vérité était qu’il ne se passait pas de jour qu’il ne travaillât deux heures entières à ce tableau : « Votre Excellence n’ignore pas qu’il ne me reste plus à faire que la tête de Judas, lequel a été cet insigne coquin que tout le monde sait. Il convient donc de lui donner une physionomie accordée à sa scélératesse : pour cela, il y a un an, et peut-être plus, que tous les jours, soir et matin, je me rends au Borghetto, où Votre Excellence sait bien qu’habite toute la canaille de sa capitale : mais je n’ai pu trouver encore un visage de scélérat qui satisfasse à ce que j’ai dans l’idée. Une fois ce visage trouvé, en un jour je finirai le tableau. Si cependant mes recherches demeurent vaines, je prendrai les traits de ce père prieur qui vint se plaindre de moi à Votre Excellence, et qui d’ailleurs remplit parfaitement mon objet. » »

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La version officielle dit que Léonard prit comme modèle un malfrat rencontré au Borghetto ; mais les similitudes entre Judas et le père prieur ne trompèrent personne. C’est ainsi que Léonard de Vinci immortalisa son harceleur sous les traits du Judas le plus connu de toute l’histoire de l’art. Une bien belle revanche !

 

Rendez-vous vendredi prochain pour un nouvel anniversaire et une anecdote à partager !

 

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