Communication écrite · interviews · musique

Killason : « I’m about to do it bigga en 2017 »

 

Son clip The Black Crook et ses bijoux imprimés en 3D ont été relayé par le New York Times début 2016 : le potentiel Next Big Thing du rap US est français. On a rencontré le rappeur KillASon à Rock en Seine, et du haut de ses 21 ans et de son premier EP The Rize, il nous balance ses projets pour 2017 : « Listen, I’m about to do it bigga ».

Tu as une esthétique assez particulière, assez kitsch. On a lu que tu étais illustrateur, c’est toi qui fais tout ?
KillASon : Non, mais j’ai un oeil sur tout. Et j’ai une idée sur tout. Mais je ne peux pas tout faire ! Pour avoir un travail bien fait et réalisé dans les délais, il faut s’entourer des bonnes personnes. J’ai une équipe autour de moi, des gens qui ont des idées, qui sont volontaires et travailleurs. Mais effectivement, c’est ma personnalité qui prime, à laquelle s’ajoutent de bons conseils : vestimentairement, pour l’esthétique des clips… Par exemple la doudoune que j’ai sur scène, c’est la fourrure de ma mère ! La plupart des manteaux en fourrure que tu peux me voir porter, c’est à ma mère.

 

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Deux petits détails qui nous ont sauté aux yeux : sur la pochette de The Rize, tu ressembles beaucoup à Freddie Mercury, et la typo de ton logo est la même que celle d’Iron Maiden. Ce sont deux influences musicales aussi ?
Ah ouais ? J’avais jamais remarqué pour Freddie Mercury ! Non j’ai fait le dessin, ma pote Valentine l’a vectorisé, on n’y avait pas pensé du tout. Mais c’est un très grand artiste, que je respecte énormément. C’est pas une influence mais il a eu des partis pris artistiques radicaux, j’aime ça. Pour le logo, à l’époque on a pris cette typo et les gens l’ont reconnue très vite. Shaka Ponk avait fait un post sur leur page Facebook pour me faire un peu de promo et t’avais des gens qui disaient « pfff, sa typo c’est la typo d’Iron Maiden ». Alors on l’a retapée un peu avec un pote graphiste, histoire qu’elle me corresponde plus. Iron Maiden ils la mettent jamais en rose et violet ! Et c’est bon, ça vient de Dafont c’est libre de droits [rires]

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Tu es beaucoup sur les réseaux sociaux, tu t’inclus dans la culture internet… D’ailleurs tu as fait un clip filmé avec un iPhone à un barbecue. C’est ça être artiste en 2016 ?
[rires] C’est le 6s, ouais. Je venais de l’avoir, je maîtrisais pas encore. Il faut s’amuser. Mais là on a fait un autre clip, toujours avec l’iPhone, ça devrait sortir en septembre/octobre. Attention c’est de l’exclu ! Il va aussi y avoir pas mal de nouveautés en fin d’année, des clips, et le nouvel EP sortira début 2017.

Tu es le nouveau chouchou des médias, tu as même été relayé par le New York Times. Par contre sur ta page Facebook, tu n’as encore que 5000 likes. Sachant que depuis quelques années, c’est le public internet qui grille les médias sur la découverte des nouveaux artistes… Ça te fait quoi de séduire la presse avant le public, à l’ancienne ?
Je suis content d’être dans les magazines, évidemment, mais ce qui est important pour moi c’est de me faire connaître par mes concerts, c’est comme ça que le public gonfle. Bon évidemment si je finis en cover du Monde ou je sais pas quel autre journal énorme, c’est sûr que ça va rameuter du monde. Mais même si t’as énormément de médias qui te relaient, ce qui compte c’est le public, et ce qui l’accroche c’est ce qu’il voit sur scène. Effectivement, j’ai pas trop de gens qui me suivent sur le net, mais je suis tout jeune : j’ai seulement un an de live derrière moi, et regarde, je suis déjà à Rock en Seine, j’ai fait Dour, j’ai fait la Cigale…

… Et le Tetris du Havre. J’ai vu que tu avais été choisi par des jeunes de collège qui avaient fait ta promo et organisé un concert gratuit pour les moins de 12 ans. C’est assez dingue comme projet !
Oui c’est ouf ! Ça m’a fait trop plaisir, en plus d’être choisi au feeling par des jeunes… C’est pour ça que je te dis, je suis à fond sur le public. Je viens le chercher, il vient me chercher : à chaque concert y a de nouvelles personnes qui viennent s’accrocher au projet. Pour le moment c’est assez linéaire. Après, ça va devenir exponentiel : ils n’ont eu que Rize, c’est 9 sons, il faut que je leur amène de la matière si je veux que ça prenne sur la durée. A partir de 2017, je pense que je vais passer un cap. On va mettre la barre au-dessus, surtout aux niveaux des clips, mais je peux pas t’en dire plus.

Plus d’iPhone ? [rires]
Ecoute je promets rien pour l’iPhone ! [rires] Moi ça me va, chaque clip a son identité. Par exemple l’esthétique de The Black Crook était super travaillée à côté de ça. C’est plus ce à quoi j’aspire.

C’est vrai que le clip de The Black Crook est assez dingue. On s’attendait un peu à une scéno complètement décadente dans ce genre quand tu es monté sur scène, mais il n’y a que toi, en noir, et un jeu de lumières. C’est un choix ou c’est en attendant de travailler une esthétique live ?
Les deux. C’est stratégique : pour l’instant je suis pas connu, donc il s’agit de me voir moi, moi, moi et moi ! À partir du moment où je serai plus connu, on va mettre plus de moyens. Je suis danseur donc il y aura de la danse, du gros show… J’ai envie de mettre en avant mon esthétique et de laisser parler toutes mes idées, mais c’est pas encore le moment. Mais oui, tu peux t’attendre à ce genre de choses pour la suite.

D’ailleurs au dancing de Rock en Seine, il y a des cours de danse, tu vas voir ce qu’ils font ?
Ah bah carrément, c’est mon crew qui donne les cours, Undercover ! J’y serai à 18h, viens voir ce qu’on fait ! On apprend au public une petite choré et il y a une surprise après.

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Petite question sur l’ego : tu as une chanson qui parle de ça, et tu parles souvent de ton envie de devenir le Next Big Thing. Ça fait partie du personnage ?
Ouais, c’est pas tout ce qui m’intéresse en fait. Je parle aussi d’amour imaginaire, de mythologie, de mes potes, des trucs foncedé… Mais sinon non, je me prends pas au sérieux au quotidien, y a une part de décalé dans ce que je fais.

Ton beau-père est producteur, on vient de croiser ta mère, danseuse, qui est ta manager… Tu t’es senti le droit de faire autre chose que de la musique ou de la danse en grandissant ?
Un peu. Quand j’étais plus jeune j’étais à fond sur le roller, je voulais vraiment faire de la compèt. Arrivé en 6e j’ai du faire un choix et je me suis mis à la danse. J’habitais à Poitiers et j’allais à Paris faire des battles, ça a vite pris beaucoup de place dans ma vie. J’adore danser, mais j’avais toujours voulu faire de la musique, c’était une idée dans un coin de ma tête. J’ai commencé la zic à 17 ans, et là j’ai 21 ans.

C’est quoi la musique pour toi ?
C’est une énergie, un exutoire. C’est ma life [rires] J’adore la musique. J’ai trop d’images liées à la musique. Ma mémoire est faite d’images et de musique.

Beatles ou Rolling Stones ?
C’est dur ! je dirais plus Stones, pour le côté trash, liberté, rock, j’adore l’énergie rock. Les Stones me font plus rêver même si j’ai moins entendu que les Beatles. Leur image me plait plus. Après, j’ai pas tout bien écouté ! Reviens dans deux ans, t’auras une réponse plus claire.

Merci KillASon !

Propos recueillis par Marine Pellarin
Photos : Ugo Schimizzi

 

KillASon

EP The Rize sorti en janvier 2016
Disponible sur iTunes,  Apple Music et Google Play

Website – FacebookSoundCloud
Twitter – InstagramYouTube

 

Initialement publié le 3 septembre 2016 sur Vacarm.net

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